Irlande février 2023
Ballade Irlandaire
Chapitre I – Le départ de Dax -
Les plus anciens le savent, je n'ai jamais aimé raconter d'histoires, ou si peu, mais lorsque l'on se rend dans un pays comme l'Irlande, d'où tant de légendes sont sorties, on a envie d'écrire la sienne.
C'est ce qu'ont dû se dire les 41 Charnegous qui se sont donnés rendez-vous ce matin du 24 février 2023, non loin de la statue de Maurice BOYAU. (pour être plus précis, j'aurais dû dire à côté de McDO, mais ça faisait moins Rugby). Je vais donc tenter de vous « résumer » avec toute la sincérité et l'impartialité qui caractérisent mes interventions passées, la folle épopée des CHARNEGOUS en RÉPUBLIQUE D'IRLANDE D'(EIRE)
Cette date était attendue par beaucoup, depuis que Guillaume avait lancé cette idée, d'aller affronter ses anciens coéquipiers du club irlandais le « MALAHIDE RFC » dans le conté de FINGAL tout près de DUBLIN. Le bureau s'était donc réuni à maintes reprises pour peaufiner les détails. C'est à partir de cet instant que Guillaume a commencé à avoir une boule au ventre et à penser « Putain, il ne faut pas que je me loupe sur ce coup ou ils vont me virer de la Co-Présidence ». Bon, en même temps, il n'a fait que son boulot, organiser une petite sortie entre amis, avec visites des musées, des monuments historiques, rien de bien difficile pour un ténor du Voyage comme lui, sauf que là, il connaît les « Voyageurs », et du plus jeune au plus vieux (Claudius) il commence à se demander s'il n'a pas fait un énorme « Connerie ». « Mais non, mais non. Tout va bien se passer » se répétait-il à longueur de journées pour se rassurer.
Nous sommes donc le 24 février 2023. Il est 9h00. Le jour est levé depuis à peine 1 heure. Les Voyageurs qui ont pu prendre un billet pour ce fabuleux périple, arrivent petit à petit. Les uns en covoiturage, les autres accompagnés par leur épouse, d'autres encore, les plus anxieux, ont dû dormir sur place pour être sûr de ne pas louper cet événement. La première BA de la journée est accomplie par « Liquid », il arrive les bras chargés de poches de croissants, bon certains râleurs commencent à dire « et le café, il est où ? » « Dans ton c.. », Ha ! Gilou est arrivé ? Mais non, il n'est pas là, ni Dudu, ni Pépone d'ailleurs. Ils doivent encore être planqués dans un coin, bien à l'abri des intempéries, pour ne pas avoir à porter les sacs ou s'acquitter d'autres corvées. On les connaît, quand il faut organiser quelque chose, ils ne sont jamais là.
Donc ça arrive doucement, David qui ne cesse de rassurer Guillaume « Ne tant fait pas, tout va bien se passer, ce ne sont plus des gamins ». Même s'il n'y a pas beaucoup de conviction dans sa voix. Guillaume fait semblant d'y croire. Bébert a la lourde tâche de convoyer une belle brochette, Laplante, Dgel et Biçou. En les voyant arriver, Guillaume ne peut se retenir de lâcher un « Pfffff » de désarroi, et oui il les connaît bien ces quatre là quand ils sont partis en bringue. Mais il se reprend vite « Ça va bien se passer » se dit-il. Il aperçoit le convoi suivant Yep Yep, Dutxi, Petit Pierre et notre Dédé. Je regarde Guillaume et j'ai l'impression qu'il pâlit un peu, il me semble même voir une goutte perler de son front. Il marmonne quelque chose « Ça va bien se passer ». David vient le voir et lui dit « Je suis dans la même voiture que Gaby, Liquid et Elian », Guillaume lui répond doucement « Oh putain, j'y pensais plus à ceux-là » « Quoi » demande David, « Non rien » « Ça va bien se passer » répond Guillaume. Il se retourne et je le vois chanceler sur ses jambes, car arrivent au même moment Olivier, Ama, Fada et JB qui montent dans le même véhicule. J'arrive à lire sur les lèvres de Guillaume « Oui, c'est vrai qu'eux aussi, ils étaient prévus, je pensais qu'ils auraient eu un imprévu ». « Ça va bien se passer ». Je le vois reprendre un peu de couleur, quand il aperçoit « Téva bien, David le guitariste, Eric le danseur et Eric l'aficion » enfin des gars sérieux « ou pas ». Pour ma part, je vais me coltiner mon « petit » Titi et un petit nouveau : Vincent. Je ne sais pas pourquoi Vincent me demande si quelqu'un a pris une « grosse louche » dans ses bagages ???. On en reparlera plus tard si vous voulez bien.
Guillaume est complètement rassuré quand il voit arriver la maréchaussée, Peio, Mathias, Régis et Reine des neiges. Connaissant un peu ce genre de personnes, si j'étais lui je m’inquiéterais quand même un peu.
Enfin Cheuch, et Lhermitou voient bien que Guillaume est un peu fébrile et le soutiennent pour monter dans la voiture en lui disant « Ça bien se passer ».
Il y en a un bien sur qui ne peut pas faire comme tous les autres, c'est notre Anglais bien aimé Nigel, qui sera pris au passage à CASTETS. Jo quand à lui sera déjà à DUBLIN. Enfin Notre Papy à tous, le toujours jeune Claude, ne peut pas se passer de sa dulcinée, ou c'est peut être l'inverse. En effet c'est elle qui le conduira à l'Aéroport.
Voilà, les « francs » Charnegous sont en route pour traverser la manche et affronter les Celtes, mais avant d'en arriver là.......
Chapitre II
L'arrivée à BORDEAUX
Le déplacement entre DAX et le parking Beep Valet c'est apparemment bien passé. Pas de course de voitures pour savoir qui a la plus grosse. En parlant de « la plus grosse » j'ai oublié « Petit Poney » qui est arrivé avec JR, Manu et Cédric.
Après avoir enfilé, heu pardon, le terme n'est pas approprié, après avoir endossé un nouveau tee-shirt, floqué spécialement pour ce déplacement en Irlande, il faut nouer notre panuelo blanc. Moi, je ne veux rien dire, mais en bleu et blanc, j'ai l'impression qu'on va aux fêtes de MONT DE MARSAN. Heureusement, on met par-dessus notre blazer et vu la température et la pluie, il n'est pas de trop.
Les équipages arrivent les uns après les autres. Les conducteurs déposent les clefs à la réception. Je commence à m'inquiéter de ne pas voir ces fainéants de Dudu, Gilou et Pépone. Peut-être qu'ils ne viennent pas. Je m'en inquiète auprès de Cheuch qui me demande de le suivre, et sur le parking, au détour d'un hangar, on aperçoit un chapiteau dressé entre les voitures. Oh, ce n'est pas le cirque PINDERS, mais suffisamment grand pour accueillir deux tables et quelques victuailles. Mais qui est là, Dudu, Gilou et Pépone. Je cherche celui qui les a pris pour des fainéants pour le remettre à ça place. Personnellement, je sais que chaque fois qu'il y a quelque chose à organiser, ils sont les premiers à mettre la main à la patte.
Après les avoir chaleureusement salués, on se rassemble autour du chapiteau. Et on reste bouche bée devant les plateaux gavés d’huîtres qu'ils ont patiemment ouvertes, du magnifique jambon sur son socle qu'ils découpent avec amour avant de le déposer délicatement sur des plateaux qui se vident au fur et à mesure. À partir de cet instant, les sacs s'ouvrent, les bouteilles sortent. Titi a amené du whisky, d'autres du Ricard, le vin rouge, le blanc, le rosé, d'autres encore ouvrent les boites de pâté. Malgré le froid et la pluie, on est bien. Guillaume et les autres organisateurs commencent à se détendre. Ils savent que le meilleur reste à venir.
Le transfert entre le parking et l'Aéroport se passe sans encombre. On retrouve Claudius, qui a l'air fatigué. Mais qu'a-t-il fait avec sa moitié en nous entendant ?
Reste l'enregistrement. Il y a bien un âne qui va avoir oublié sa pièce d'identité. Je dis ça parce que c'est déjà arrivé lors d'un déplacement à LYON. Nous ne le citerons pas pour ne pas le froisser, mais à l'époque, il n'avait pas encore fait 3 jubilés.
Tout va bien se passer. L'enregistrement, l'embarquement se font sans encombre. Chacun trouve sa place dans l'avion de la compagnie AER LINGUS. Je commence à voir Titi qui change de comportement. Il est nerveux. Il se frotte les mains, j'ai l'impression qu'il a les mains moites et les pieds poites. Malheureusement, je ne suis pas à côté de lui. Je prends ma place près d'une Irlandaise, rousse, aux longues jambes gainées dans des bas de soies couleurs chair, le corps moulé dans une robe verte à la couleur de l'Irlande, avec un décolleté plongeant presque jusqu'au nombril. Elle pose sa main sur la mienne… et là, je me réveille devant la tête de Mathias, qui me demande « Tu dors ? ». Ah !, c'est bien un Gendarme celui-la.
Notre vol ne dure qu'une 1h45. On se pose à 16h15 heure locale. Je retrouve Titi. Il est serein. Par contre, celui qui a voyagé à côté de lui a les bras en lambeaux et les cuisses lacérées. Après avoir récupéré les bagages, certains se précipitent dehors pour fumer, comme s'ils avaient été sevrés de cigarettes depuis un mois. Tout le monde est là ou quasiment, il manque Jo. Les téléphones chauffent pour savoir où on le récupère. Le bus (Offert par Lous Charnegous) commence à rouler quand enfin, on l'aperçoit sur le trottoir. « Cour, Jo, cour » lancent certains. « On le laisse là » crient d'autres. Je ne donnerai pas de noms pour garder la cohésion du groupe.
Bref, on roule. On prend les ronds-points en sens inverse, on s'arrête au vert et on passe au rouge, c'est du grand n'importe quoi ces Irlandais. On arrive enfin, vivants, au stade qui a vu, dans un autre temps, les exploits de Guillaume.
À partir de ce moment, les événements ne vont faire que se succéder pour faire que ce voyage entre dans la lignée des déplacements mémorable de LOUS CHARNEGOUS.
Chapitre III
L'Avant MATCH et la 1° Mi-temps
Certains m'ont fait remarquer que j'avais oublié quelques détails. C'est vrai, notamment les bouteilles d'alcool dans la valise cabine du coach. Que sont elles devenues avant de monter dans l'avion. 1: Il les a laissées à la Police aux frontières 2 : Il les a vidées dans le caniveau 3 : il les a bues avec les copains 4 : …... D'après vous ????
Bon, revenons à l'avant match et à la 1° mi-temps. S'il y a bien une chose qui conditionne le reste de nos voyages, c'est « le match ». Même si les hommes sont assez forts pour faire la 3ᵉ, voire la 4ᵉ mi-temps, quand on perd sur le pré, la fête est moins belle.
Alors les joueurs arrivent motivés comme jamais, on sent qu'ils ont les crocs. La preuve en est, c'est qu'ils n'ont pas trop exagéré lors du casse-croûte de BORDEAUX concocté par Dudu, Gilou et Pépone. J'en ai même vu qui n'ont mangé que de la salade et bu uniquement de l'eau, bon pas beaucoup, mais c'est un signe.
Nous sommes donc arrivés au magnifique stade de MALAHIDE. Les vieux accompagnants se dirigent vers le CLUB HOUSE pour prendre une pinte ou deux de GUINNESS, vous savez, cette bière noire sans mousse que tu manges plus que tu ne la bois. Celle-là même qui te fait pisser noir. Ici non plus, je n'ai vu aucun joueurs. Certains diront « NON ! ce n'est pas possible ». Avec mon honnêteté légendaire, je vous assure qu'ils étaient tous entrain, les uns, de tester la pelouse, pour savoir quelle taille de crampons il fallait visser ; les autres, comme Olivier, regarder d'où venait le vent pour les coups de pieds ;). Même le coach révisait la liste des joueurs pour être sûr d'avoir la bonne composition. Si si, je vous assure, vous me croirez ou pas, aucun joueur n'a bu de GUINNESS avant le match.
On regarde autour de nous et on commence à voir passer un frigo en short, 1m90, 115 kg, les mêmes épaules que Dudu. Un second plus petit, 1m89, mais plus lourd et les mêmes mollets que Dudu. On décide de ne rien dire aux joueurs pour ne pas les décourager. Mais il va falloir qu'ils se baissent pour plaquer.
L'heure du match approche. Les anciens qui n'ont pas vraiment confiance à la nourriture irlandaise (Expérience Anglaise) et qui veulent faire connaître nos produits régionaux, s'installent dehors, sur une terrasse donnant sur le terrain. Ils commencent à préparer quelques lamelles de jambons, quelques tranches de saucisses, ouvrent quelques boites de pâté et débouchent quelques magnums de rouge. Au fur et à mesure que les tranches de jambons tombent dans les plats, de vieux filous d'Irlandais tendent la main et chapardent quelques morceaux. Ils ne sont pas les seuls, quelques cadres des CHARNEGOUS font de même.
Mais revenons aux joueurs. Ils sont dans le vestiaire, la tension monte, les uns se strappent, du moins Fada dit la momie, bon, il a raison, il est blessé à la main ; les autres se frictionnent avec des restes de pommades qu'ils ont trouvés dans la pharmacie. Vous savez, ces pommades qu'il faut éviter de passer sur les yeux ou les parties génitales. Celles-là qui font rougir les oreilles des deuxièmes lignes quand il en reste un peu sur les shorts des pilars et du talon. Ça sent le camphre, cette odeur qui te donne envie de rechausser les crampons et toucher la béchigue.
Attention, le Coach va donner ses dernières consignes. Il va motiver les joueurs. J'étais caché derrière la porte et je l'ai entendu leur dire « Aujourd'hui, on va jouer pour venger Maurice ». Ils ont tous écarquillés les yeux « Venger Maurice ? mais il est devenu fou ce Coach. C'est qui Maurice ? » « C'est Maurice BOYAU bande d'ignare. Il a fait son dernier match comme capitaine de l'équipe de France le 24 mars 1913 à CORK (Irlande) et ils ont perdu 24 à 0. Alors, pour le venger notre Maurice, on va les bouffer les Irlandais. ». Il donne encore quelques conseils « Le rugby, c'est comme en amour, il faut donner avant de prendre... ». « Les gars, le premier quart d'heure, on fait vingt minutes à fond... » « Et on n'oublie pas la règle des 3 P Plaquer, Pousser, Courir …. » ou encore « Aujourd'hui, on joue simple les avants devant, les arrières derrière... » et le fameux « Les gars, il va falloir s’y mettre. Sortir les mains des poches parce que si vos couilles explosent, il y en a un paquet qui vont devenir manchots… » Enfin, il me semble avoir entendu ça, mais avec l'âge, j’entends de moins en moins bien. Toujours est-il que nos joueurs sortent du vestiaire les yeux rougis, les naseaux fumants. Ils sont prêts pour cette ballade irlandaise.
En fait les frigos qu'on a croisés au Club Housse font partis de l'équipe 1°. On est rassuré parce que si Claudius en avait pris un sur le râble, on avait plus qu'à planter une croix, même pas besoin de recouvrir de terre.
Ceux qui se présentent sur le terrain ont l'air plus abordable, mais y a du costaud. Il va falloir passer par les côtés, parce que si on tente le frontal, on risque de se faire cabosser. Enfin, je dis ça, mais avec les anciens sur le bord de touche, on pense que, nous, on les aurait écrasés facilement (ou pas). Pendant l’échauffement des joueurs, Gilou décide de remplir quelques petits verres d'armagnac. Il demande au coach d'informer les joueurs, « Au coup d'envoi, Olivier doit taper en touche et au même moment, nous rentrerons sur le terrain pour offrir une tournée d'armagnac à tous les joueurs ». « Bonne idée » dit le coach « J'y aurais droit moi aussi ? »
Ça y est, les équipes sont en place. Olivier a le ballon, nous sommes prêts à entrer dès qu'il aura tapé en touche. Coup de sifflé, Olivier vise la touche, tape et...... fait un superbe coup d'envoi qui atterrit dans les bras de la seconde ligne irlandaise, qui fonce droit devant sans trouver de résistance puisque tous les Charnegous sont restés dans leur camp en attendant l'armagnac. Heureusement un plaquage, une passe manquée et Jérôme récupère le ballon pour sortir en touche. Il a vraiment envie de boire un petit coup. Nombre d'Irlandais refusent le verre, pensant qu'on allait les empoisonner avant le match. Aucun Charnègous n'a refusé.
Enfin, le match débute réellement. Comme prévu, les Irlandais envoie du lourd, ça percute dur. 5ᵉ minute, un plaquage manqué, ils enfoncent nos lignes. Ils sont repris à 5 mètres, et deux « pick and go » plus loin, ils inscrivent le 1° essai. Nos joueurs se réunissent sous les poteaux pour se motiver. Ils ont été surpris, maintenant, ils savent à quoi s'attendre.
Sur le coup d'envoi, on récupère la béchigue et ils se mettent à la faute. Pénalité « Il est bon cet arbitre ». Touche trouvée par Olivier. Gilou est prêt à rentrer sur le terrain pour servir une autre tournée d'armagnac, on le retient. La touche est perdue, ils se dégagent. Mal leur en a pris. Xav entame une magnifique relance de nos 40. Perce 1° rideau avant d'être repris. Les avants sont là en soutien et..... Ama ramasse le ballon et à son tour avance de 30 mètres (Oui, je sais le terrain est très long) nouveau regroupement, le ballon sort à vitesse grand « V ». Guillaume anime le jeu. Il ouvre grand coté, une fois, deux fois et à la 10° minute, après un magnifique tchic tchac, Olivier touche la terre promise. Quel magnifique jeu à la Française !
Les Irlandais recommencent à envoyer les gros. On répond par des gros plaquages. Xav réussit à gratter un ballon. On joue vite. Ils sont débordés. Petit Pierre se fait carrément décapité. Pénalité. « Il est vraiment bon cet arbitre ». Petit Pierre se relève. Olivier ne veut plus d'armagnac. Il tape la pénalité et laisse le ballon sur le terrain. Mais grâce à la pression de la maréchaussée, Peio et Reine des neiges, les Irlandais sont contraints de taper en touche. Magnifique lancé de Pépone, contré par les Irlandais. Voyant qu'ils n'arrivaient à percer nos lignes, je pense qu'ils ont demandé de l'aide à l'arbitre, qui commence à siffler pénalités sur pénalités. « Je le savais. Il est nul cet arbitre ». Grâce à ça, ils arrivent à avancer et après une belle séquence, à la 17ᵉ minute, il marque en coin.
Sur le coup d'envoi,19ᵉ minute, ils commettent un en avant. Sortie de mêlée, Guillaume ouvre sur Olivier, qui par deux crochets intérieurs, mystifie toute la défense irlandaise.
Les Irlandais sont vexés. Ils font rentrer du lourd, du très lourd. Ils n'ont pas l'intention d'ouvrir le jeu. Sur une charge du dernier entrant, Chinon se retrouve les 4 fers en l'air. (Pour ceux qui ont la vidéo, c'est à la 18° minute), les raffuts main ouverte dans la tronche ne pardonnent pas. Il fait des dégâts. Heureusement, leurs trois quarts sont un peu maladroits et tombent quelques ballons.
Après une nouvelle touche non trouvée (Pardon Olivier). Ils relancent et envoient leur bulldozer. Cette fois, c'est Pépone qui en fait les frais, mais ils se relèvent furax et tente d'en emplâtrer un, mais dans les règles. Nous aussi, on a nos costauds, on envoie Big Jo, Briçou, JR, Liquid, Ama, Eric, Dédé et Claude qui vient de rentrer. Et ça déménage. Fada vient se mêler à un regroupement et comme il est un peu passé à l'essorage, il s'énerve. C'est bien la première fois qu'on le voit s'énerver. Jérôme le calme. Blessé, il est remplacé par Elian. Après quelques phases jeux, l'arbitre siffle la mi-temps.
La seconde période est encore plus excitante, avec des rebondissements inattendus. Mais ça, c'est une autre histoire que je vous raconterai si vous le demandez.
Chapitre IV
La fin d'un match historique
Si la 1re mi-temps a été de toute beauté. 2 essais partout. La seconde restera dans les annales de notre belle association.
Le coach, fait quelques mises au point. Des changements pour la reprise. Il a été comme à son habitude trés calme sur le bord du terrain. Il transpire un peu mais le cadio est bon.
Dès le coup d’envoi des Irlandais, superbe réception de Chinon qui lance Big Jo. Les trois quarts entrent en jeux et le ballon va de l'aile droite à l'aile gauche (sans tomber). Les Irlandais ont du mal à se replacer. On sent que l'entraînement porte ses fruits, les gars se replacent. La balle à l'aile, la vie est belle. Zut ! On se fait arracher le ballon, la contre-attaque est lancée. Ce n'est pas grave, Liquid, Dédé, Eric, JR, JB, Gaby, plaquent à tour de bras. Les Celtes tentent de forcer le verrou par de grandes charges d'avants. On se met à la faute, ou du moins c'est que dit l'arbitre (Je vous l'avais dit, il est nul cet arbitre). Les Irlandais trouvent une touche. Sur le lancé, Liquid intercepte et lance les trois quarts. Encore un petit numéro d'Olivier, qui avance de 30 mètres. Il donne à Xav, qui avec ses jambes de feu avance de 40 mètres (Je vous l'ai déjà dit, le terrain est très long), mais il est littéralement agressé par un Irlandais qui lui saute à la gorge. L'arbitre ne peut pas faire autrement que siffler une pénalité. Guillaume joue vite redonne à Xav, qui courageusement c'était relevé. Nouvelle pénalité. Les Irlandais sont lourds et ne se replacent pas assez vite. Guillaume décide de la jouer à la main. Quel panache !!. Le ballon arrive à David qui rentre sa course et se fait cueillir. Mais pas de soucis, le soutien est là, Eric, Ama, Dédé, Régis, Chinon. Le ballon sort vite et Briçou, arrive, lancé. Il fait une avancée de 30 mètres avec trois Irlandais sur le râble (Long est le terrain). Guillaume colle au ballon, l'éjecte vers JR qui percute et fait un offload de toute beauté pour Big Jo qui sur sa lancée, avec 3 Irlandais sur le dos, aplatit en terre promise. Nous sommes à la 3° minute de la seconde mi-temps et nous menons 3 essais à 2.
Rien n'est fait, mais on sent que cette équipe en a encore sous le pied. Nous sommes déjà replacés, prêt à recevoir. Le ballon est capté. Les avants avancent de 10 mètres. Guillaume ouvre pour ….. Olivier qui perce sur 30 mètres. Il ralentit intelligemment sa course, passe à l'intérieur à Dédé, qui a retrouvé ses jambes de 20 ans. Il file tout droit et après une course de 50 mètres aplatit. 4 essais à 2. Ça sent bon.
C'est à ce moment-là que l'on commence à comprendre que nous sommes en Irlande et que l'arbitre est soit Irlandais, soit Anglais (Sory Nigel). Une, puis deux, puis trois, puis quatre (Là, j'ai arrêté de compter) pénalités plus tard, ils sont près de notre ligne et après, il faut le reconnaître, un beau renversement, ils marquent. 4 essais à 3.
Le coach fait tourner l'effectif, Dutxi revient, Pépone le suit, Jean-Baptiste aussi. Fada, c'est calmé, il est sur le pré.
Le coup d'envoi ne fait pas dix mètres. Il est nul cet Olivier (Humour), à part ses trois percées de 40 mètres, ces deux essais, on se demande si on va le garder. Les Irlandais ne sont pas là pour enfiler des perles, ils demandent la mêlée au centre. Oh Oh, Pépone est au talon, il va nous faire comme en Belgique, un coup de casque sur le talonneur d'en face. Non, le ballon sort pour les Irlandais. Ils tentent de percer nos lignes. Olivier, encore lui, traîne dans leur camp et intercepte la béchique. Liquid l'appelle. Il arrive lancé, voit Fada démarqué sur le bord de touche et lui fait une passe lobée. Fada prend exemple sur Dédé et cours comme un dératé pour aller marquer notre 5ᵉ essai. 5 à 3. Plus rien ne peut nous arriver.
C'est sans compter sur le « fighting spirit » de nos adversaires du jour. Ils veulent jouer rapidement le coup d'envoi qui ne fait pas 10 mètres. On leur rend la pareille. Mêlée au centre du terrain. Sortie de mêlée, regroupement, ça bataille dur. Pépone est content, il aime ça. Les Irlandais se mettent à la faute. Olivier veut taper en touche ….. Raté ;) Contre-attaque. Ils veulent passer par-dessus avec le pied, mais la troisième ligne veille. Liquid récupère et transmet à Olivier. On envoie Briçou percuter une fois, deux fois. Ça avance, mais on fait un en avant. Avec la fatigue, le jeu se débride et malgré une défense héroïque, les Irlandais arrivent à marquer un nouvel essai. 5 à 4.
Coup d'envoi, le ballon atterrit sur le bulldozer Irlandais. Liquid arrive lancé pour lui mettre un bouchon, mais le mastodonte ne bouge pas. A-t-il seulement senti que quelqu'un a voulu le plaquer ?
Les Irlandais changent de tactique et ouvrent au grand large. Le ballon arrive à l'aile et malgré un effort désespéré de Dutxy pour le rattraper, leur ailier va marquer. 5 à 5.
Non, ce match ne peut pas finir comme ça, après la débauche d'énergie et les magnifiques actions de nos rouges et blancs.
Coup d'envoi, le bulldozer nous fait mal, mais il est bien pris aux jambes. Le ballon sort vite, les Irlandais veulent de nouveau envoyer au large, mais..... Xav a tout compris, il intercepte la béchigue et cours à toutes jambes vers la ligne d'essai. 6 à 5.
Pour la petite histoire, Xavier nous dira plus tard que tout le long de sa course pour aller marquer cet essai, il a pensé à notre interceptor maison, LAPLANTE, qui sur le bord de touche apprécie le geste. Il lui aurait même rendu hommage en s’embrassant le dos de la main. Mais tout ça est à vérifier.
Sur le bord du terrain, on exulte, on chante, on crie, on boit un coup d'armagnac à leur santé.
Mais le match n'est encore terminé.
Un Irlandais change de camp et vient jouer avec nous. Il joue pilier, et certainement pour s'amuser, il commet beaucoup de fautes et cherche des ennuis à ses congénères d'en face. L'arbitre nous fait reculer de 30 mètres. Mais malgré cela, la défense est héroïque, et l'arbitre siffle la fin du match, sur cette victoire Oh combien mérité.
Dans la plus pure tradition du rugby, les Irlandais font une haie d'honneur aux vainqueurs, Permettez moi de les citer dans l'ordre alphabétique : « David A, Briçou, Mathias, Ama, Dédé, Petit Pierre, Régis, Dutxy, Guillaume, Peio, Gaby, David H, Pépone, Liquid, Chinon, Claude, Xav, Big Jo, Olivier, Sam, JR, Elian, JB, Jérôme, Fada, Téva bien, Eric ». A leur tour il rende honneur à nos nouveaux amis Celtes.
Nos hôtes ont alors la brillante idée d'aller chercher notre Claude et de le porter en triomphe jusqu'au bord du terrain. Bel hommage à notre vaillant septuagénaire.
Comme je l'ai dit en préambule, cette rencontre est à garder dans les annales de notre association. Elle va resserrer les liens entre tous ces joueurs. Il faut espérer que la troisième et même la quatrième mi-temps en fasse de même avec les anciens qui les ont encouragés sur le bord de la touche.
Mais ça, c'est une autre histoire que je vous raconterai si vous me le demandez.....
Chapitre V
La soirée d'après match.
Comme quelques-uns ont l'air intéressés par cette virée au pays du trèfle, je vais tenter de vous narrer ce qu'il s'est passé après cette superbe victoire.
Le bureau, sans doute en concertation avec nos vieux briscards, Dudu, Gilou et Pépone, avait demandé d'amener quelques victuailles et quelques amphores pour égailler le début de soirée. Donc dans les valises et les sacs, chacun avait trouvé une petite place pour ranger, ici une bouteille, là un jambon, ou encore ici un bocal de pâté ou de fritons. Comme il y avait 41 sacs ou valises dans la soute de l'avion, je n'ai pas besoin de vous dire qu'il ne manquait rein. Les ouvres boîtes, les tires bouchons, le couteau à jambon. Ils avaient même prévu le socle en bois pour tenir ce fameux « cambadjou » comme on dit chez moi, « dans l'Aveyron ». (Certains, qui connaissent mon lieu de naissance, diront « dans le djebel »)
Bref, pendant que les joueurs refaisaient le match sous une douche bien méritée, les accompagnants préparaient ces agapes, dans le superbe Club House de nos nouveaux amis irlandais. Sur des plateaux amenés par Dudu, on dispose les tranches de jambons, le pâté, le fritons. Sur chaque table un magnum de vin. Oui, il en restait, on n'a pas tout bu, ni tout mangé pendant le match. Par contre l'armagnac a disparu. Je pense que quelqu'un a cassé la bouteille (Ou pas).
Sur une autre table, nous disposons des bouteilles de vin décorées d'un panuelo blancs, avec le logo des Charnegous. Ces bouteilles seront remises par les joueurs, à leurs adversaires du jour. Encore une belle intention. Il reste une bouteille d'armagnac qui sera offerte au Président de cette équipe.
En attendant, les joueurs qui doivent, comme d'habitude, se la raconter, enjoliver, peut-être faire autre chose. Vous savez, sous la douche tout peut arriver. Mais ça, ce sont des choses qui ne se racontent pas, il faut les vivre. Donc en les attendant, les cadres accompagnants, s'ennuient autour d'une ….. GUINNESS.
Ça y est, les joueurs sont là. Ils consomment une ou deux bières dans le brouhaha des « on refait le match ». Un ou deux coups de sifflés. Le silence se fait, c'est l'heure des discours. Le président de MALAHIDE RFC prend la parole. Immédiatement, on fait appel à notre traducteur attitré, j'ai nommé « Nigel » (Notre Anglais préféré). Effectivement, la plupart des Charnegous ne comprennent pas la langue de Shakespeare. Le président de MALAHIDE s'exprime, Nigel traduit. Le président s'exprime une nouvelle fois, Nigel traduit encore. Personnellement, je ne comprends pas ce que dit le président et je comprends encore moins ce que dit Nigel. Je regarde autour de moi et je vois que je ne suis pas le seul. On se tait. On fait semblant de comprendre. On rit quand les autres rient, et on applaudit à la fin.
C'est au tour de nos coprésidents de prendre la parole. David, laisse Guillaume s'exprimer au nom de tous les Charnegous. À tout seigneur, tout honneur. Il n'est plus anxieux, comme au départ de DAX, mais on le sent très ému. Je me suis laissé dire qu'il avait passé les deux heures du voyage en avion à préparer son discours. Il fait donc l'honneur à nos hôtes d'un soir, en s'exprimant en anglais. Zut ! il va falloir que Nigel traduise encore. Donc Guillaume, commence son discours dans un anglais parfait, avec une pointe d'accent français. Vous savez, cet Anglais que nous, on comprend. Guillaume s'exprime, Nigel traduit. Guillaume s'exprime encore, Nigel traduit. À la fin du discours, on a parfaitement compris le discours de Guillaume, mais on cherche encore à comprendre ce que disait Nigel. Les discours pleins d'émotion terminés, les joueurs Charnegous, remettent les bouteilles à leurs vis-à-vis avec un jouissif « SORY, GOOD GAME ». On peut commencer les festivités.
Ah ! J'allais oublier, la tradition veut, que l'on remette le Malestruc. Généralement au joueur qui a fait une grosse « cagade » dans le match. Comme le seul qui en a fait (touche ratée), est certainement aussi le meilleur joueur du match avec ses deux essais et ses percées au centre du terrain.... le malestruc est remis à Olivier. Comme ceux qui l'on eu avant lui il l'enfile avec fierté et va y faire honneur une bonne partie de la soirée.
La GUINNESS coule à flots, les magnums de vin se vident, le jambon disparaît petit à petit, les tartines, voire les sandwichs de pâté, sont avalés goulûment. Tous ces efforts sur le terrain et ces émotions en dehors, nous ont ouvert l'appétit. L'alcool aidant, on commence à parler anglais. La soirée s'annonce bien.
Je m'assois à une table ronde avec Dgel et d'autres anciens, un peu fatigué par tant d'efforts. En face de nous, le Capitaine de l'équipe irlandaise. C'est un bon gaillard, qui parle anglais avec un accent bizarre. Il nous fait comprendre qu'il est Polonais. Il a fait le voyage exprès depuis son pays pour jouer contre nous. Il est en train de préparer une mixture dans des petits shooters. Vodka, Framboise, Tabasco. Bien sûr, Dgel et moi nous portons volontaires pour expérimenter ce breuvage. Il ne faudrait pas que les autres Charnegous tombent malade en le buvant.
Cul sec, Brrrrrr !!! C'est un peu fort, le tabasco arrache un peu. Le Polonais nous fait des grands signes. « Non, non pas comme ça » dit-il, enfin, c'est ce que nous avons traduit. « Il faut boire cul sec, mais après, il faut laisser couler la framboise au fond de la gorge ». On commence à le comprendre de mieux en mieux. Deuxième tournée de Vodka, Framboise, Tabasco. Mince, on a encore mal fait. Troisième fournée de Dovka, Françoise, Bastaco. Bon, on va appeler ça VFT. La soirée avance bien.
Nos hôtes voient qu'il nous faut un peu manger, ils nous amènent de burgers accompagnés de frites. Ça tombe bien, il faut un peu éponger.
Notre Dudu se sent en voix. Il rameute un maximum de Charnegous et donne le ton. On est parti pour un « HEGOAK » de derrière les fagots. De quoi impressionner les Irlandais. Notre « Petit oiseau » a fait son effet. Nos hôtes n'osent pas entonner une ballade irlandaise. Pour les aider, on envoie leur hymne rugbistique « Ireland's Call », mais ça ne répond pas. On ne veut pas les vexer donc on retourne boire un coup. Dgel et moi retrouvons notre Polonais. Dgel me dit “il faut que je me le mette dans la poche celui-la, je vais lui dire que ma femme est d'origine polonaise”. Mais entre temps, Xav l'a abordé et lui demande s'il peut l'aider à remplir les shooters. Xav, s'acquitte de sa tâche avec beaucoup d'enthousiasme. Bien sûr, Dgel et moi supervisons la chose en goûtant quelques verres. Et au bout d'un moment, comme dans l'histoire du chasseur, “Je n'ai plus froid, je n'ai plus soif, mais j'ai toujours envie de pisser”.
Tout le monde a l'air de s'amuser, la soirée avance calmement dans la joie et la bonne humeur. Quand tout à coup Claudius, pète un plomb. Il monte sur une table, le silence se fait. Il se lance dans une chorégraphie en se tapant la tête avec la main, puis le genou, puis tente d'atteindre son pied. Il chancelle, reprend appui et recommence. Je n'entends pas les paroles, mais ça a l'air d'être une chanson paillarde. À la fin de la chanson, il redescend, tout le monde applaudit, même les Irlandais qui n'ont rien compris. Claude me dira plus tard qu'il s'agissait d'une très vieille chanson Landaise. Je veux bien le croire.
Un peu plus tard dans la soirée, les Irlandais se sont débridés et ont à leur tour chanter quelques ballades. Dans cette ambiance digne des meilleures troisièmes mi-temps, Vincent se prépare. Il a trouvé UNE GROSSE LOUCHE et un couvercle. Grâce à un ingénieux système (Ou pas), il s'accroche la louche entre les jambes et suit l'exemple de Claude. Il monte sur une table et commence à entonner à son tour une chanson que personne ne connaît. Normalement chaque fois qu'il écarte les jambes, la louche doit monter percuter le couvercle, mais malheureusement la puissance n'est pas au rendez-vous et la louche ne parvient pas à atteindre son objectif. Dépité par son échec, il redescend. Il préparera mieux son coup la prochaine fois. Ou alors, il fera appel à Petit Poney pour que son appendice remplace la louche.
Un Anglais de la première ligne lance un défi. Qui d'autre que Briçou pouvait le relever? Un de ces jeux intelligents, ou d'abord, tu te mets torse nu. Il faut montrer les muscles. Après s'être un peu peloté, ils se mettent face à face, à 4 pattes. On demande deux ceintures. Elles sont attachées de façon à n'en former qu'une et chacun la passe derrière la nuque. Ensuite, il faut reculer en tirant le plus fort possible avec la tête bien levée. Ça commence, les têtes se redressent, les muscles se tendent. Au départ, l'irlandais prend le dessus, mais Briçou, qui a pigé le truc, donne un coup de collier et fait baisser la tête à son adversaire. Encore une victoire. Je suis sûr que s'il avait fallu pousser les mêmées on les aurait fait reculer jusqu'à la mer d'irlande.
Comme dans chaque 3ᵉ mi-temps, les équipes qui se sont affrontées sur le pré, se rapprochent et chacun y va de sa chansonnette et de sa chorégraphie. On se prend par les épaules et on lève une jambe, puis l'autre, un bras, puis l'autre. Si un chancelle ou fait un mauvais pas, l'autre le rattrape. Il n'y a plus de Nationalité, plus d'adversaire, que des vieux et nouveaux amis qui font la fête. Comme disait Jean-Pierre RIVES “Le rugby, c'est l'histoire d'un ballon et des amis autour, et quand il n'y a plus de ballon, il reste les amis”
Les Irlandais nous gratifient, enfin, d'un « Ireland's Call », que nous reprenons en chœur.
Il est minuit, comme dans Cendrillon, le carrosse nous attend dehors. Toutes les princesses du soir doivent courir et faire attention de ne pas perdre leur chausson de vair. Heu pardon!!! je m'égare. Notre chauffeur doit nous accompagner à l'auberge de jeunesse. Tu parles d'une jeunesse. On salue, chaleureusement, nos hôtes. On se prend dans les bras, on s'embrasse (Sur les joues), on se promet de se revoir. L'invitation est lancée et vu l'ambiance en fin de soirée, nul doute qu'ils viendront dans les Landes. Avant de les quitter et pour fêter cette victoire en terre irlandaise, nous entonnons tous en chœur une Marseillaise, qui est reprise par nos nouveaux amis Celtes.
La journée a été longue et riche en émotions. Aurons-nous le temps de rentrer à l'auberge et de se changer pour faire un tour en ville ? DUBLIN by nigth.
Encore une histoire que je vous raconterai si vous y tenez????
Chapitre VI
L'arrivée à l'auberge de jeunesse
et la première soirée.
Après des adieux déchirants, nous avons pris la route en direction de DUBLIN. Dans le bus tout le monde s'est bien tenu. Pas de fesses à la portière, pas de chansons paillardes. Il n'y a pas de vidéo dans le bus, donc LAPLANTE n'a pas pu nous passer ses films d'éducation sexuelle. À part la conduite à gauche qui en perturbe certains, tout va bien.
Nous arrivons enfin à 29 Bachelors Walk à DUBLIN, devant l'auberge de jeunesse ABBEY COURT HOSTEL. On débarque les bagages sur le trottoir. Tout est parfaitement organisé, les chambrées ont été composées avant le départ. Chacun sait, avec qui il va passer les deux prochaines nuits. 41 vieux rugbymans, un peu éméchés, entrent dans l'auberge de jeunesse. Il est une heure du matin. Ça fait un peu de bruit, alors on nous « parque » dans une pièce en sous-sol, avant de nous remettre les passes qui ouvrent les portes de nos chambrées. Bien sûr, on fait un peu de bruit. C'est à ce moment-là qu'on entend le premier « CHUT », les bruits s'estompent un peu, mais revient aussitôt. Un deuxième « CHUT » là, on n'entend presque plus rien, et encore un « CHUT » pour clore le bec aux derniers récalcitrants.
C'est alors que notre Dudu entre dans une colère noire et se met à vociférer avec sa voix de stentor. Personne n'a compris ce qu'il a dit, mais il n'y a plus un bruit dans cette salle. Tout le monde fait profil bas. En fait, Dudu en avait simplement marre s'entendre « CHUT » comme si on grondait des enfants trop bruyants. Cet incident va le suivre tout au long du séjour et je crois même au-delà.
Tout cela n’empêche pas notre Claude de continuer à danser, comme à 20 ans. C'est le seul qui n'ait pas eu peur de la beuglante de Dudu.
Ça y est, nous avons nos passes, on se dirige, en silence, vers nos chambrées. En moyenne 6 par chambre. Les nuits vont être longues. Mais pour l'instant pas question de dormir. On se donne rendez-vous devant l'auberge.
Nous sommes en plein centre de DUBLIN, quelle chance. Encore bravo pour l'organisation. On se dirige vers les lumières, pour cela, on traverse le LIFFEY (Le fleuve qui traverse DUBLIN). Les uns tournent à droite, les autres à gauche. Dans cette ville, pas besoin de faire des kilomètres pour trouver un PUB. Tu rentres dans un et dès que tu sors, tu en trouves un autre. Donc, on en fait quelques-uns et comme par hasard, on se retrouve presque tous dans le même. On fait des « masses » et on discute autour d'un verre. Petit à petit, je m'aperçois que les Charnegous disparaissent. Dans ce PUB il y a un escalier, au début, je pensais que c'était pour aller aux toilettes, mais en voyant que ceux qui descendaient, ne remontaient pas, j'ai vite compris qu'il s'agissait d'autre chose. Avec Titi, mon « alcoolique » du soir, heu, pardon, mon « acolyte » du soir, nous décidons de descendre. Et là, tous ceux qui avaient disparu sont retrouvés. Les uns en train de danser sur des musiques endiablées (Même si le parquet colle un peu), les autres en train de se faire de nouveaux « copains ». Bref, tout va bien.
J'observe, je prends des notes. Oui, Yep yep m'a demandé de faire un petit compte-rendu du match, c'est fait, et Reine des Neiges du reste du voyage. Donc j'épie le moindre geste, la moindre incartade, pour garder des anecdotes à raconter de ce beau voyage.
Malheureusement, j'ai la mémoire qui flanche et j'ai perdu mes notes. Ainsi, encore une fois, ce qui se passe en Irlande ou ailleurs, lors de nos soirées, reste en Irlande ou ailleurs. À part peut être le fait que Claude, qui porte un bonnet vert, offert par nos hôtes, a beaucoup de succès. Il continue sur sa lancée de l’après match. Toujours deux doigts en l'air, il danse frénétiquement (ou pas). S'il n'avait pas le bonnet, on pourrait le confondre avec TRAVOLTA dans « SATURDAY NIGTH FEVER ». Pour les moins de 40 ans, il s'agit de...., non, je plaisante. Donc Claude danse, il se fait aborder de tout côté. Il regrette simplement, que ce soient uniquement par des hommes. Il a récupéré, au moins, sept ou huit 06. Mais que sa moitié se rassure, il a repoussé toutes ces avances.
Il est 2 heures du matin. Dans cette ville pourtant festive, tous les PUB ferment à 2 heures. On nous invite gentiment à quitter les lieux. Si des choses se sont passées entre ce moment et le retour à l'auberge, elles vous seront racontées par les protagonistes. Mais, apparemment, tout le monde est rentré sans problème.
Cette journée a été pleine d'émotion et de sensations fortes. Voyons ce que la nuit nous réserve. Rien qu'a l'idée de dormir avec des quinquagénaires, un septuagénaire, et autres « sex »agénaires, j'ai des frissons. En effet, ma chambrée est composée de Dudu, Claude, Gilou, Cheuch et Titi. Bon, on va dormir le dos au mur, parce qu'à ces âges-là, avec un peu (beaucoup) d'alcool dans le museau, ils sont capables de tout.
La chambre est un couloir avec une fenêtre au bout. Sur le côté gauche, il y a six lits superposés deux par deux. Claude qui a confiance au matériel, ou peut-être qu'il n'a pas toute sa lucidité, dit « moi, je dors en bas, … sous Dudu ». Je me mets au-dessus de Gilou, en espérant que, contrairement à LOGRONO, je ne le retrouve pas au petit matin avec les mêmes cheveux que Dédé. Seuls ceux qui ont lu le résumé de LOGRONO peuvent comprendre. (Il est en vente dans toutes les bonnes librairies). Titi se place au-dessus de Cheuch. Entre les appareils de Dudu, les apnées de Cheuch, les douleurs aux genoux de Gilou, je pense qu'on va bien dormir. J'ai remarqué en arrivant dans le couloir, que sur chaque porte des chambres, sont dessinés des chanteurs ou des acteurs. Je ne comprends pas pourquoi sur la nôtre, il y a juste 5 lettres E.H.P.A.D.
En fait, la nuit va bien se passer. Est-ce dû à la fatigue, ou à l’anesthésie provoquée par l'alcool ? Toujours est-il que, bien que j'aie dû me lever deux fois pour aller pisser toute la GUINNESS que j'ai bu, j'ai quand même bien dormi.
La journée de samedi va être mémorable comme le reste du voyage, mais là encore, c'est une autre histoire qui vous sera narrée, uniquement si vous le désirez........
Chapitre VII
Journée du samedi.
Bon, comme le chapitre VI n'était pas trop long, je poursuis avec la journée de samedi. Du moins une partie, parce qu'il y a beaucoup à raconter.
La nuit a été courte pour certains. Pour aller petit-déjeuner, il faut emprunter un dédale de couloirs, traverser des pièces où, des jeunes, oui, nous sommes bien dans une auberge de jeunesses, sont affalés sur des canapés, écouteurs à l'oreille entrain de fixer leur smartphone ou leur Iphone. On dit bonjour en passant près d'eux. Pas de réponse. Bon, ils ne sont peut-être pas bien réveillés. On arrive à la cantine, on a droit à un « English breakfast », sans les fayots ni les œufs frits. Mais c'est très correct.
Après le café, les tartines, le jambon, le fromage, un jus d'orange, on est prêt à aller prendre une douche et poser une pêche. Je sais, ce n'est pas très appétissant, mais je suis obligé d'en parler. Il y a eu des fuites (Y en a qui ont parlé). Tout ça pour dire que ce matin, les GUINNESS font leur effet. Je pensais qu'on ne faisait que pisser noir, mais apparemment les selles sont épaisses et chargées. Sur l'échelle de bristol, que vous pourrez consulter chez votre médecin, nous sommes dans un mélange de type 2 à type 7. Bien sûr, sur cette échelle, vous aurez les photos, mais vous n'aurez pas l'odeur. Bref, les Water Closet sont bouchés. Pour ma part, lorsque le plus costaud, pas de nom, de notre chambrée est revenu de sa virée au WC, il nous a prévenu de changer d'étage si on avait une envie pressante. Il a bien tenté d'évacuer les restes, en tirant X fois la chasse, sans succès. D'après certains délateurs, à l'étage au-dessus, notre ex-coprésident, dont je tairai le nom, en a fait de même. Il serait resté plus d'une heure la tête au-dessus de la lunette des toilettes pour tenter de faire disparaître son énorme « colis » sans y parvenir. Les shooters et la bière qu'il a bu la veille essayaient de remonter par là où ils étaient descendus. Comme je vous l'ai dit, je ne donne pas de nom, mais il n'y avait qu'un seul ex-coprésident. Bon passons cette séquence scatologique.
Une autre anecdote sur ce début de matinée. Pour ne pas le citer, LOUPING III, dit aussi le graveur de trophée, part prendre une douche avec seulement une serviette autour de la taille. Bien sûr, il n'a pas pensé à prendre le passe pour ouvrir la porte de sa chambrée. Tous ses colocataires sont déjà partis petit-déjeuner. Il est donc obligé de se rendre à la cantine vêtu de sa seule serviette. Il traverse le dédale de couloirs, les diverses pièces où sont réunis les jeunes. Très digne, il dit bonjour chaque fois qu'il en croise un. Cette situation a le mérite d’inciter ces jeunes, à lever la tête de leur écran. On m'a dit que certains, lui avait même fait la ola. Il a aussi fait effet dans le réfectoire avant de trouver un colocataire qui lui a gentiment donné son passe. Pour rester dans la même chambrée de « l'agence tous risques », le même délateur m'a indiqué que le plus petit, malgré son absence de caisse de résonance, était le plus gros ronfleur. Le plus grand, dit aussi « l'interceptor » était le plus gros lâcheur de caisses (Je l'ai vérifié jeudi soir à l'entraînement). Comme il n'y avait pas de table de nuit dans leur chambrée, ledit délateur, a été obligé de garder les dents de notre Pépone. Pour comprendre l'histoire des dents de Pépone, il faut lire le résumé de notre voyage en Angleterre. (En vente dans toutes …...). Il ne m'a rien révélé sur Briçou. Il a dû avoir peur des représailles. À vous de savoir qui vous a balancé.
Bon, la matinée a bien commencé. Pour le reste de la journée, on a quartier libre. Des groupes se forment. On va pouvoir faire un peu de tourisme. Musée GUINNESS Storehouse, Irish museum, musée JEMSON, et l'incontournable Temple Bar. Sur le « WatsApp Irlande » Les photos et les vidéos défilent. On peut voir Pépone habillé en lutin vert (chapeau vert et barbe rousse), Dédé danser dans la rue avec le même déguisement. On voit également toutes les haltes faites dans les PUB des rues étroites et pavées du « TEMPLE BAR ». Un peu comme un chemin de croix avec ses stations. À part que dans la bible, il n'y a que quinze stations. Là, j'en ais compté beaucoup plus. Pour certains, il s'agit vraiment d'une galère. Notre ex-coprésident, dont je tais toujours le nom, aura des relents toute la journée. En effet, ses acolytes du jour, lui rappelle sans cesse son incident scatologique du matin.
Avec mon groupe, nous prenons la pose devant le fameux TEMPLE BAR. Superbe PUB typiquement Irlandais. Il doit être onze heures, on entre, les lieux sont déjà bien occupés. On visite. Les murs en bois sont couverts d'écussons en tout genre, de tableaux hétéroclites. Il y a même une statue d'un homme, grandeur nature. Il ressemble à notre Claude en train de danser. La lumière du jour fuse à travers des vitres presque opaques. Les jeux d'éclairages tamisés te donnent envie de chuchoter, mais ça grouille de partout, les serveurs ne chôment pas. D'autres Charnegous sont déjà en place. On trouve un endroit près de la petite scène, où un guitariste nous chante quelques tubes du moment et quelques ballades du coin. On est bien !
Quelques pintes plus tard, on décide de laisser une trace de notre passage. Claude sort un écusson des Charnegous de sa poche et va l'accrocher près d'un tableau, contre le mur de ce lieu mythique de DUBLIN.
Il est midi passé, les plus vieux, commencent à avoir le ventre qui gargouille un peu. À l'EHPAD on mange à 11h30. Comme les autres groupes, on va se restaurer. On trouve un petit bar « Bobos Burgers » et on commande un « Irish Breakfast », avec fayots, œufs au plat, saucisses, champignons, boudins, et autres ingrédients bien lourds.
Une fois restauré, nous cherchons un...... PUB pour regarder les matchs du Tournoi. En effet, l'Irlande se déplace en Italie et le Pays de Galles reçoit nos chers amis anglais. En fin de compte, on se retrouve près de notre auberge de jeunesse, dans un magnifique PUB où nous sommes étonnés de ne voir que des maillots Rouges GALLOIS. L'ambiance va être exceptionnelle, du moins pour ceux qui ont le courage de rester. Nous sommes abandonnés par Gilou et Cheuch, qui ont décidé d'aller se reposer avant d’entamer la grosse soirée du samedi.
Je passe rapidement sur cet après-midi qui nous a permis de chanter « Land of my father » en compagnie d'une bonne cinquantaine de GALLOIS. Nous avons pu également voir qui tenait le coup physiquement et qui avait le plus gros mental.
En fin d'après-midi, Ama propose à ces acolytes de boire une dernière bière avant d'aller faire une petite sieste, mais tout le monde veut partir se reposer. Jusqu'à ce que Elian regarde sa montre et dise « Il est 17h49 on a rendez-vous à 19h00. Ah non, mais là, je n'aurai pas le temps d'aller dormir. Je vais reprendre une tournée ». Big Jo et Ama se sont écroulés de rire devant le mental de fer de Elian.
Bref, l’après-midi, se passe bien, certains récupèrent pendant que d'autres emmagasine de l'énergie, ou plutôt, de la bière pour tenir le coup le soir.
Mais ça, c'est une autre histoire, que je vous narrerai, si vous le demandez......
Chapitre VIII
La soirée de samedi
Je ne voudrai pas lasser les lecteurs donc je vais tenter de faire court.
Il est 19h00, nous nous rassemblons tous devant l'auberge. Certains sont plus frais que d'autres. Nous sommes presque tous en tenue. Malgré la température, le dress-code est respecté. Polo blanc manches courtes Charnegous, Jeans, blazer marine. Il va falloir un peu modifier le catalogue pour qu'on ait des tenues plus adaptées aux conditions météorologiques. Mais on peut faire confiance au bureau pour cela.
Le programme de la soirée prévoit un départ à 19h45 pour assister à une messe gaélique et un échange avec les paroissien(e)s. Quelques-uns d'entre nous commencent à vouloir repartir faire un nouveau chemin de croix, avec quelques stations. Mais nos coprésidents nous demandent de rester sur le droit chemin. Ils rassemblent leurs brebis égarées. Demandent à quelques anciens de faire les chiens de bergers et nous sommes partis pour plusieurs minutes de marche.
Sur le chemin, on se raconte ce que l'on a fait dans la journée. Mais à part une petite poignée de vrais touristes qui ont visité le coin en bateau, tous les autres ont, soit regardé les matchs de l’après-midi, soit fait une petite sieste. Il va sans dire que les uns sont plus frais que les autres. Mais il n'en manque pas un. La longue file des 41 Charnegous s'étire dans les rues sombres de DUBLIN. Les chiens de bergers veillent sur ceux qui voudraient s'égarer. Enfin, nous arrivons devant l'église en question. Elle me fait penser aux églises que nous avons visitées avec Gilou à LOGRONO (Voir résumé de notre voyage à LOGRONO, en vente dans toutes les bonnes.....). Là aussi, il y a beaucoup de lumière et un certain brouhaha qui s'échappe de la nef. Le curé ou le pasteur nous attend à l'entrée. Il a plutôt l'air d'un videur de boite de nuit, mais nous le saluons poliment. Avant d'entrer, on nous demande de patienter sur le côté et on entend à nouveau des « CHUT », mais Dudu reste impassible. Pas d'esclandre aux abords d'un lieu de culte. Pour nous faire attendre, on nous sert des pintes de bière. Drôle de religion. Ils veulent peut-être nous convertir. Si les pintes de bières remplacent le vin de messe, certains sont même prêts à entrer dans les ordres.
Après cette première pinte, on nous fait entrer dans l'église. Et là, quelle n'est pas notre surprise de voir trôner, un gigantesque bar au centre de la nef. Sur les côtés, on peut voir des alcôves, aménagées pour accueillir les fidèles consommateurs, avec des manges debout et autres banquettes de bar. Sous les arcs-boutants, les tribunes accueillent les convives qui désirent se restaurer en regardant de haut ceux qui consomment en bas. L'endroit est unique, à voir absolument. Encore une excellente idée des organisateurs du voyage.
Nous nous installons dans une des alcôves, réservée à notre intention (Quelle organisation). Et on nous amène les premières GUINNESS ou autres bières de la soirée. Personnellement, je me suis juré, en rentrant, de ne plus boire de bière pendant un an. Pour éponger tout cela, nous avons droit à des genres de tapas. Brochettes de crevettes, viandes variées, sauces, frites, oignons en beignets, etc.... Chacun tend le bras et picore dans les plats. Il y en a pour tout le monde. On se régale.
Bien sûr, pour évacuer le trop-plein de bière, on cherche les toilettes. On suit les indications et en passant par le chœur de l'église, on descend dans la crypte. Quelle idée de faire les toilettes à cet endroit. Rassurez-vous, il n'y a aucune sépulture, du moins apparentes.
La soirée avance bien et comme plus personne n'a énervé Dudu avec des « CHUT », il est prêt à nous entonner un nouvel « HEGOAK ». Malgré la musique de fond, il donne le ton et on reprend tous en chœur. Mais lorsqu'on arrive au refrain, on entend de nouveau « CHUT - CHUT ». Là, ce sont les serveurs qui ne veulent pas qu'on chante, pour ne pas déranger les gens qui mangent à l'étage. On respecte la volonté divine des maîtres des lieux.
Pour moi, finit la bière, j'attaque le whisky, d'autres le Gin To. Les plus accros continuent à la GUINNESS. Notamment Lhermitou. On s'est amusé à calculer, il boit une pinte de GUINNESS toutes les 53 minutes. Ça en fait quelques-unes à la fin de la journée.
Nous avons bien partagé avec les paroissiens, mais l'office étant terminé, nous décidons de quitter cet endroit et nous rabattre vers des lieux plus endiablés. Là encore, des groupes se forment. Les plus courageux vont poursuivre jusqu'au bout de la nuit, les autres, dont je fais partie, vont boire un dernier verre dans un PUB près de l'auberge avant d'aller se coucher. Lesquels ont tort, lesquels ont raisons. On le sera demain matin à 9h00 lors du départ pour l'aéroport.
Voilà, ce superbe week-end va bientôt s'achever. Mais je vous réserve encore quelques lignes pour vous décrire le dernier jour.
Chapitre IX
Le dernier jour.
Le matin du troisième jour, Dieu créa… Non, je m'égare encore, Ça doit venir de la soirée à l'église. Donc au matin du 3° jour, on se presse d'aller aux toilettes, avant que les boucheurs de conduites d'évacuations ne fassent leurs œuvres. On prend une bonne douche, en faisant attention de ne pas oublier son passe. Ensuite direction le réfectoire pour un bon petit-déjeuner. Il va falloir tenir jusqu'à cet après-midi, on prend l'avion à 11h50. Tartines grillées, jambon, fromage, café, jus d'orange. Les Charnegous arrivent les une après les autres. Certains ont une tête de déterré, ils ont peut-être passé une partie de la soirée dans les toilettes de la crypte de l'église. Arrive une partie de la chambrée « Agence tous risques ». Le plus grand et accompagné du plus petit. (Le péteur et le ronfleur). D'après nos renseignements, à tous les deux, ils ont remplacé notre Titi, non pas comme faiseur de bruits incongrus, mais comme « Fléau ». Ce matin, ils sont moins enclins à faire « chier » leurs colocataires, qu'hier en fin de soirée.
Il doit manquer deux ou trois Charnegous, mais on ne se fait pas de soucis, ils seront là pour prendre le bus à 09h30.
Ça y est, nous sommes au pied du bus. Chacun regarde si son voisin de chambre est bien là. On observe la tête des plus fêtards, mais on ne se moque pas d'eux, car on a tous connu ça, le lendemain de bringue trop arrosée. Sans vouloir faire de la délation, il y en a quand même deux, qui sortent un peu du lot. Gaby, qui ne sait pas s'il doit s’asseoir dans le bus ou rester debout dehors à l'air libre. Il traverse plusieurs fois la route pour aller sur la rive du LIFFEY. Il doit vouloir se mirer une dernière fois dans les eaux calmes de ce fleuve, ou alors peut-être déverser le trop-plein de la veille. Je pencherai pour la seconde explication. Avant de monter dans le bus, je lui demande s'il veut un sac plastique au cas où. Mais il a tout prévu, il en a déjà un dans la main.
Le second qui sort du lot, il fait partie de la même chambrée, c'est notre ami ….. Yep. Alors, j'en ai vu des lendemains de fiesta, mais là, c'est difficile à décrire. J'avoue que j'ai passé un moment devant la page blanche avant de tenter de décrire la scène. D'autan plus que juste avant de monter dans le bus, Dudu, n'a rien trouvé de mieux que de sortir une vieille bouteille d'une eau-de-vie, qui ne devait pas faire mois de 45°. Il en a proposé autour de lui sans grand succès. À part ….. Yep qui en a pris une bonne rasade, pensant que ça aller lui faire du bien à l'estomac. Il n'en fut rien. Il se lança dans une danse indienne, au cours de laquelle il aspirait de l'air, par petites bouffées, comme s'il fumait le calumet de la paix. Puis il expirait profondément. Au moment de monter dans le bus, il va dans un premier temps s'installer au fond avec ses colocataires. Mais il a rapidement besoin d'air et tout en continuant la même pratique respiratoire, il vient s'asseoir à côté du chauffeur, qui n'a pas l'air très rassuré. Titi et moi sommes juste derrière lui. Comme pour Gaby, on lui demande s'il a prévu un sac. « Oui, Oui », nous répond-il, entre deux bouffées d'air. Il nous montre un sac papier, d'un format relativement modeste qui, j'en suis sûr maintenant, n'aurait pas résisté à la pression du jet qui serait sortie, s'il n'avait pas pu garder son bol alimentaire. Bref, passons les détails. Il faut quand même préciser que le chauffeur a ouvert la vitre côté passager pour qu'il puisse prendre de l'air. Mais notre Yep, effectuait des gesticulations avec ses bras, que je ne comprenais pas. Il brassait l'air qui venait de l’extérieur vers son visage et sa bouche et en même temps, il soufflait vers la fenêtre. Bon, même si ce n'était pas logique, ça avait l'air de lui faire du bien. 30 minutes de voyage en bus, c'est long. À m'en donné, Titi et moi, on a quand même changé de place, pour s'éloigner un peu, au cas où. Désolé Yep pour le manque de confiance. Il faut lui reconnaître une chose, c'est qu'il a tenu le coup. Chapeau bas.
Nous sommes rendus à l'aéroport. Les bagages sont enregistrés. Il nous reste un peu de temps pour flâner. C'est le moment pour Nigel de nous sortir son excellent PORTO. Attention pas n'importe lequel, un PORTO millésimé. Il nous l'avait déjà fait goûter en Angleterre, avec un peu de fromage, un bleu bien fait. On trouve du pain, Nigel empruntent quelques verres sur un bar de l'aéroport, et on passe encore un bon moment en se remémorant quelques anecdotes de notre week-end irlandais.
Les places dans l'avion sont attribuées aléatoirement. J'ai la chance de me retrouver à côté de ….. Titi. Comme à l'aller, il commence à avoir les mains moites et les pieds poites. L'avion roule, roule et roule encore. Tout va bien. Il arrive en bout de piste. Tout va bien. Les moteurs vrombissent de plus en plus fort et ….. Le pilote lâche les freins. On est collé au siège. Titi arrache l’accoudoir qui nous sépare. L'avion roule, roule, roule, Titi regarde par le hublot et voit qu'il ne décolle pas. Il agrippe le dossier du siège devant lui, et il tire dessus comme si c'était le manche du poste de pilotage. Mais rien ne se passe. Il enfonce ses doigts dans l'appui-tête qu'il tient déjà. Les gouttes de sueurs perlent sur son front. Je lui dis « calme-toi, tout va bien se passer ». Il ne m'entend plus, il est dans un état second. L'avion quitte enfin le sol. Il se détend un peu, et me demande « T'as fait quoi à ton avant-bras ? ». Il me dit encore « Putain, cet avion, il est dans sale état, regarde l'accoudoir ». Bon, j'avoue, j'exagère un peu, mais si peu.
Le voyage se déroule bien. Je vous passe l’atterrissage. C'est le second accoudoir qui a morflé et j'ai tenu mon bras éloigné de ses griffes acérées.
Nous sommes de retour en Gaule. Les chauffeurs vont récupérer les véhicules et prennent en charge leurs compères de route. Direction le « BUREAU », un restaurant proche de l'aéroport. Encore une fois, il faut féliciter les organisateurs, qui vont nous permettre de nous restaurer en regardant le match du tournoi. FRANCE – ÉCOSSE à 16h00.
On nous a réservé une salle (Quelle organisation). Quelques pintes de bière, heu, pardon quelques demis de bière sont servis et juste avant le coup d'envoi, on voit arriver les agapes. (Quelle organisation). On boit, on mange, on crie aux exploits de notre équipe de France. Bref, on passe encore un excellent moment entre amis. À la fin du match, il est temps de rentrer à DAX. On s'embrasse, on se congratule, et on se promet de vite recommencer.
Voilà, ce magnifique voyage en terre Celte est terminé. Nous sommes arrivés à DAX. Chacun va, retrouvé sa vie paisible, son travail, sa famille ou son chat (Pardon Titi). Nous garderons en tête, des images, des goûts, des sons (Des CHUT), des éclats de rires. Pour certains des douleurs comme ceux qui se sont blessés lors du match : Basta, les adducteurs, environ 6 semaines ; David, élongation, 4 à 6 semaines ; Big Jo, opéré du pouce pour fracture et ligament touché, 6 mois.
C'est dans ce genre de voyage et de match, que les anciens se sont liés d'amitié pour former notre belle association, et que les plus jeunes poursuivront leur action et la feront grandir. Alors
Charnégous un jour, Charnégous TOUJOURS !